INTERVIEW DE LA BOITE # 28 - ANNIE ABRAHAMS - 24 OCTOBRE 2011
Annie Abrahams
Training for a Better World
Vernissage - vendredi 28 octobre 2011 à 18h30
au CRAC à Sète
Voir l'article sur l'expo ici
photo > Loz
Annie Abrahams est docteur en biologie (Université d’Utrecht 1978) et diplômée de l’école des Beaux-Arts d’Arnhem (1986). Son travail, qui utilise aussi bien la vidéo, la performance que l’Internet, questionne les possibilités et les limites de la communication, dont elle explore plus spécifiquement les modalités propres au réseau. Elle est internationalement reconnue en tant que pionnière de la performance en réseau.
Elle a fait beaucoup de performances et a largement exposé son travail en France, y compris au Centre Pompidou, à Paris et dans de nombreuses galeries internationales, dont le Black Mountain College Museum + Arts Center à Asheville, North Carolina, US ; Espai d'Art Contemporani de Castelló, Espagne; le Museum of Contemporary Art, Tokyo, et le Center for Contemporary Armenian Experimental Art, Yerevan; et dans des festivals internationaux comme le Moscow Film Festival et le Festival international du film de Rotterdam, et sur des plateformes en ligne comme Rhizome.org et Turbulence.
Annie Abrahams, née fille de fermier dans un petit village des Pays-Bas. Quand elle rentre au collège, elle se tait pendant trois jours pour apprendre à ne plus s'exprimer en patois. À l'Université elle est frappée par la police pendant une manifestation. Après un doctorat de biologie, elle quitte son poste d'assistante chercheure quand ses collègues n'apprécient pas qu'elle lit Dostojevski le soir après son travail. Annie enseigne la biologie au lycée et obtient un diplôme aux Beaux-Arts. Avec deux années de bourse pour jeunes artistes en poche elle s'installe en France.
L'ordinateur l'aide à gérer ses constructions, les mises en ordre possibles de ses tableaux chaotiques. Annie Abrahams montre pour la première fois des dessins d'ordinateur dans son exposition "Possibilités" à l'espace Forum à Nice en 1992. Quand en 1996 elle crée un espace relationnel pour une exposition à Nijmegen, Annie utilise l'internet pour être présente à distance. Depuis elle crée des oeuvres conçues spécifiquement pour le Web et commence le site "Being Human" (low tech mood mutators / not immersive) où elle explore les modalités des communications interpersonnelles. Sylvie Parent écrivait sur ce travail: "L'oeuvre met ainsi en relief la volonté de communiquer, ses possibilités et ses limites. Elle jette un regard perspicace sur ce qui concerne chacun d'entre nous, ce qui fait de nous des êtres humains dans ce désir fondamental de se relier aux autres."
Parce qu'Annie ne supporte pas les conséquences des Troubles Musculo Squelettiques dus à son travail sur ordinateur, elle passe en 2000 six semaines en psychiatrie. Aujourd'hui Annie Abrahams a appris à travailler avec moins de stress et une meilleure attitude devant l'ordinateur. Elle continue sa vie. Son travail a été montré dans de nombreux festivals et expositions internationaux multimédia et vidéo. (Skopje, Mexico City, Tallinn, Seoul, Atlanta, Montreal, Athens, Clermont Ferrand, Tokyo, Bristol, Seattle, Split, Rotterdam, San Fransisco etc.) Actuellement son travail évolue vers des recherches artistiques lié à Internet comme par exemple Huis Clos / No Exit : une série de webperformances autour de la problématique de la collaboration à distance et la dynamique dans un groupe dispersé. Elle travaille souvent avec d'autres artistes comme Nicolas Frespech, Antye Greie, Curt Cloninger, Mark River et Igor Stromajer parmi d'autres.
"Pendant mes études en biologie je devais observer une colonie de singes dans un zoo. En étudiant le comportement de ces singes j'ai appris quelque chose sur la vie en communauté des être humains. Dans un certain sens je regarde internet avec le même intérêt et appétit. Je considère que c'est un univers qui me permet d'observer certains aspects du comportement et des attitudes humaines sans y interférer. (Par exemple dans ViolenceS http://bram.org/indexviolence.html )
Je m'intéresse aussi à mettre en place des situations dans lesquelles le visiteur, en laissant une trace personnelle, collabore à la révélation d'une voix collective, participe à l'émergence d'un langage balbutiant de la multitude. Je suis convaincue que mes collections dévoilent des tendances actuelles de la société, de notre contemporanéité, et nous procurent une sorte de cartographie de l'autre. Je développe aussi des moyens d'introduire ces objets texte crées sur le web dans l'espace réel. Je veux les inséminer avec de l'énergie physique. Je veux donner "chair et os" à ce qui n'existe que comme potentiel dans un ordinateur et à ce qui n'apparaît que comme lumière sur un écran.
J'expérimente aussi la possibilité de faire du comportement du visiteur (en cliquant, choisissant, participant, en survolant, le visiteur web dévoile le travail de l'artiste) le contenu de la contemplation esthétique. (Exemples: Séparation , Painsong, Karaoké)." "Interview with Annie Abrahams" de Béatrice Bonfanti.
Annie Abrahams - Project room : Training for a... par CRAC-LR | Interview Annie Abrahams © Aloïs Aurelle
Doctorat de Biologie obtenu à l'Université d'Utrecht en 1978
Diplômes des Beaux-Arts acquis en 1985 à l'école des Beaux-Arts d'Arnhem.
Chargée de cours (histoire et théorie du net art et travaux pratiques) en deuxième année de DEUG à l'Université de Montpellier, section arts plastiques de 2002 à 2005.
Annie Abrahams travaille aussi la vidéo, l'installation et la performance.
Plus d'information sur > www.bram.org | aabrahams.wordpress.com
légendes des photos du haut en bas
1○ arson.jpg - Photo 2010 Workshop Huis Clos / No Exit – Training, Villa Arson, Nice. Courtesy Annie Abrahams
2○ «Tourner en rond». Photographe Enna Chaton, 2007
3○ translation.jpg - Photo 2010 performance Huis Clos / No Exit – On Translation, NIMk Amsterdam. Courtesy: Olga Westrate