|| VERNISSAGE || > Dialogue : Project-Room > Au CRAC / Sète > Vendredi 6 avril 2012 à 18h30
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Morgane Tschiember du 6 avril au 28 mai 2012
L’exposition de Morgane Tschiember au CRAC diffère bien entendu de toutes ses expositions antérieures ; mais à Sète, elle ne déroge toutefoispas à la règle de l’artiste. Cette règle est simple : aucune technique ou discipline artistique ne saurait épuiser, définir ou effectuer ce qu’on appelle ordinairement l’art. C'est pourquoi Morgane Tschiember n'a jamais cessé de mettre à l'épreuve de son talent toutes les techniques ou lestechnologies, artistiques ou non, dont nous disposons aujourd'hui. D’où cette exposition expressément conçue pour le CRAC, laquelle comportetrois volets correspondant à trois salles : le premier est architectural (Swing) quoi que cette nef monumentale n’émane pas d’un architecte ; l’oeuvre prolonge autant qu’elle s’émancipe de ses productions antérieures, et notamment des suivantes : la Paralel Road (2006) et la série des Iron Maiden (2007). De la première l’artiste récuse l’aspect mimétique et des secondes, elle amplifie la dimension baroque en les portant à une échelle résolument architecturale. Spécialement conçue pour le volume qu’elle occupe, Swing est une succession de seuils, tant dans l’axe de la nef que dans les espaces intercalaires entre les 12 travées qui délimitent deux déambulatoires latéraux. Le spectateur est libre d’enjamber les lames de métal ou de les contourner dans l’exploration globale de l’oeuvre. Il notera à cette occasion que rares sont les oeuvres qui soient à la fois terre à terre et édifiantes au sens littéral et figuré de ces termes. Qu’on se situe au-dessus ou en dessous d’elle, il n’est pas moins paradoxal que des voussures de cette nef pourtant inversée, émane une sensation d’élan voire de lévitation. Sans doute est-ce parce que l’artiste y traduit de l’invisible, l’apesanteur de la pesanteur ou l'inverse, c'est à dire la réciprocité du rapport de force entre le nadir et le zénith. Le second (Roll) est d’autant plus pictural que, non seulement l'artiste ne broie ni n’applique ses couleurs de ses propres mains, mais les laissent expressément se brouiller entre elles-mêmes et pour ainsi d’elles-mêmes. Tertio, l’artiste a agencé des étals métalliques supportant des pieces en béton destinés à recueillir des un certain nombre d’entités qui hésitent entre air et verre (Bubbles) : à l’instant même où il s’interroge, le spectateur découvre la réponse à sa question : « la différence entre verre et air ? » : « le souffle bien sûr ! » En revenant sur ses pas, ce visiteur devrait alors découvrir que l’art contemporain n’est réductible, ni à la sculpture ni à la peinture, ni même à l’architecture. En effet, si Matisse prétendait peindre non pas les choses mais « les différences entre les choses », alors Swing ’nd Roll & Bubbles tente de montrer la différence aussi bien que l’air de famille artistique qui souffle entre architecture, peinture et sculpture… et même entre n’importe quoi et n'importe qui. A l'occasion de cette exposition, Morgane Tschiember montre pour la première fois en quoi elle est à la fois anarchitecte, non-peintre et non-sculpteur (ou mieux « insculpte »), c'est à dire artiste, au sens a fortiori fugitif de ce mot.
Sylvie Fanchon
à Nairobi, Kenya
Vit et travaille à Paris
Les peintures de Sylvie Fanchon (née en 1953 à Nairobi, Kenya, vit et travaille à Paris) sont caractérisées par des motifs sans signification apparente, par une économie de moyens (dont la bichromie) et par une méthodologie précise que l'artiste décrit comme une
« entreprise de vérification de la véracité des perceptions que nous avons du monde ».
Les « modèles » auxquels se réfère une peinture pourtant résolument abstraite fonctionnent comme des patrons ou des schémas récurrents qui, empruntés aux registres divers du quotidien, constituent une modélisation du réel plutôt qu'une copie d'objets réels.
Italiens tous les deux, ils sévissent en un duo photographique inédit depuis leur première aventure moscovite, en 1991. Alessandro Albert habite à Turin où il enseigne dans un centre d’art et Paolo Verzone, parisien d’adoption, inclassable ce qui lui plait assez, travaille principalement dans la presse magazine. Deux de leurs séries seront présentées au CRAC à Sète.
MOSCOW PROJECT 1991-2011
Des barricades aux blogs, d’une Pravda l’autre, de l’euphorie à la désillusion démocratique… Du « Soviet » à Boris Eltsine, puis Poutine… Tous ces changements en une génération : 20 ans après le coup d’Etat manqué contre les dinosaures du communisme, les Russes se découvrent plus riches (pour certains), plus fiers, plus confiants et au centre du monde. Plus cyniques aussi…et moins libres. C’est cette saga de l’ex URSS qu’on voulu nous montrer les duettistes italiens Albert et Verzone, avec leur séries de portraits en couleur et à la chambre, glanés au fil de leurs rencontres, dans la rue. Le travail commencé en 1991 s’est poursuivi en 2001 puis a nouveau en 2011 en suivant le même procédé : Albert et Verzone s’installent dans les endroits stratégiques de la ville, sur le trottoir, avec une pancarte écrite en russe pour décrire leur démarche et collectionnent ainsi les modèles bénévoles.
SEAEUROPEENS 1994
Partant à nouveau du principe que la série et le temps (passé) font sens, Albert et Verzone se sont embarqués pour autre saga photographique. Ils ont écumé les plages de l’Europe, du nord au sud à la rencontre des baigneurs. Déclinée sur des années, d’Italie en Lituanie, de France en Finlande, de Grèce en Espagne cette série de portraits à la chambre, stricts, inscrits dans une tradition documentaire qui laisse le sourire, voire le rire, s’installer, impose des personnages qui deviennent le reflet, drôle mais pas toujours réjouissant, de notre société. La "société des loisirs” n’est ni en place, ni dénuée de sa propre caricature…
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