|| EXPO || > Vernissage musical > Robert Canault - “Jazz d’ici et d’ailleurs” > Au Décor - 41 quai de Bosc / Sète > Vendredi 9 septembre 19h00
>>> Exposition du 9 septemndre au 2 octobre 2011
“Jazz d’ici et d’ailleurs” de Robert Canault
Vernissage musical avec :
Cédric Chauveau - piano
Alain Resplandin - contrebasse
Régis Maurette - batterie
Venir avec son instrument de musique
est indispensable pour le boeuf qui suivra.
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L’exposition de Robert Canault « Jazz d’ici et d’ailleurs » se tient au Décor, à Sète, du 9 septembre au 25 septembre. Les nombreuses photos présentées ont été réalisées entre les printemps 2006 et 2011. Elles rendent compte à la fois des courants planétaires du jazz et des parfums spécifiques des scènes du Sud.
Tout a commencé au Festival de jazz de Tanger, en 2006 au Maroc. « Tous les soirs, j’ai fait des photos pendant les « after », indique Robert Canault. Il n’y avait qu’à déplacer l’appareil pour cadrer ». Le photographe ne pouvait rien faire d’autre. « Il n’y avait pas de recul, J’étais collé contre la scène. Il faisait très chaud. Il y avait de la fumée partout. » Les musiciens ne jouaient que pour le plaisir de jouer.
« Dès le premier soir du festival, je fus étonné du résultat. Ces photographies n’avaient pas été prises pendant les concerts officiels, mais pendant les bœufs qui se déroulaient après. Les lieux ne s’y prêtaient pas à priori. Cela renforçait l’évocation des photos de jazz des années 1950. Ce n’était pas des scènes de cinq mètres de haut. Ces bœufs des « after » avaient lieu dans des coins d’hôtels qui ne sont pas faits pour la musique… dans des salons où l’on déjeune le midi. Les tenues des musiciens n’étaient pas apprêtées. Il y avait peu d’éclairages… Tout le contraire des scènes actuelles, illuminées comme des plateaux de télévision. »
Lieux
À l’occasion des éditions du festival Jazz à Sète, Robert Canault se lie avec les musiciens du Sud de la France. « Je me suis aperçu qu’ils jouaient dans toutes sortes d’endroits tout au long de l’année… dans des troquets, des petites salles ou des restaurants. » Le photographe les rejoint lors de nombreuses soirées. Une part des photographies de cette exposition provient de concerts donnés dans des « institutions » locales programmant du jazz, comme Le Jam, à Montpellier, Sortie Ouest, à Béziers, ou le Centre culturel de Gignac. « D’autres photos ont été prises dans des lieux moins connus, comme la cave du bistrot Les Voûtes, à Junas, ou La Ferme des Aresquiers, face aux étangs, près de Frontignan. Quelques-unes l’ont été à La Ola, un bar de la plage de Sète… Ou bien à La Taverne, un café de cette ville qui n’existe déjà plus, tout comme la Station Mir à Pézenas ou L’Hôtel des Arts de Sète. »
Robert Canault se rend souvent à Montpellier. « Certains concerts ont pour cadre Le Rendez-Vous des Super Vedettes, un bistrot du quartier des Beaux-Arts. D’autres se sont déroulés au Trinque Fougasse, un bar à vin et restaurant de la ville. Quelques-uns ont eu lieu au Brin d’Zinc. D’autres encore au Dôme, une brasserie qui organise des repas musicaux derrière l’Opéra et la place de la Comédie. » Il suit les musiciens dans une pizzeria comme le Coco Sweet, à Lézignan Corbières près de Narbonne, ou bien en plein air à Castries, à Vias et au Théâtre de la Mer de Sète.
Les nombreuses photographies présentées dans cette exposition ont été réalisées ainsi, entre 2006 et 2011. Une large part des musiciens suivis par le photographe ont un parcours international. À la fois ces concerts rendent compte des courants planétaires du jazz. À la fois des parfums spécifiques des scènes du Sud y courent. On y retrouve, en effet, nombre de musiciens de jazz du Languedoc Roussillon et du pourtour de la Méditerranée.
Relations
Pour Robert Canault, une série faite des photos de musiciens de jazz ne doit pas donner une impression de répétition. Cadrages et travail graphique y concourent. Ce photographe « s’échauffe » en début de concert, essaye cadrages et réglages, jusqu’à ce qu’il perçoive, au-delà de la technique, la singularité du musicien dans sa relation avec son instrument. De nombreux portraits de musiciens relèvent de cette recherche.
D’autres travaux sont liés aux relations entre artistes et à l’indispensable hyperattention propre aux musiques improvisées. « Si je me trouve assez près des musiciens, et si ceux si ne sont pas disposés de façon trop éclatée sur la scène, je peux tenter de saisir les regards entre eux. Certains soirs, j’essaye, au contraire de réaliser des images très graphiques avec les instruments. La contrebasse s’y prête plus que le piano ou la batterie… »
Graphisme et lumières
Moins les lumières semblent propices, plus Robert Canault apprécie le résultat. « C’est lié à mon imaginaire du jazz. J’aime travailler dans un petit lieu avec trois ampoules. J’apprécie le résultat quand il y a peu de lumière ou des éclairages considérés comme médiocres. Au bar La Taverne, il n’y avait pas de projecteurs pour la scène, mais des petits spots de Monsieur Bricolage. C’était pareil au Dôme. Entre deux sets, j’ai dû tripoter l’ampoule parce que l’on ne voyait plus les musiciens. »
Les appareils photo numériques ont beaucoup changé cet aspect du travail. « Les appareils traditionnels allaient jusqu’à 400 Asa. Il fallait pousser à 1600 Asa pour tripler la sensibilité du film. Avec les appareils numériques actuels, il est possible d’aller jusqu’à 3500 Asa. Je ne dépasse pas 2500, parce, vers 3200, la photo prise dans l’obscurité souffre de “bruit”, c’est-à-dire de lueurs indésirables. De nouveaux appareils pourront bientôt prendre des clichés dans l’obscurité. D’ores et déjà, il y a des concerts où je vois mieux sur l’écran de contrôle de l’appareil que dans la salle. À la Cigalière, à Sérignan, j’ai fait des photos des membres du groupe Smoky Joe Combo, alors que je ne les voyais pas entrer sur scène à l’œil nu. »
Noir & Blanc
Quels que soient les concerts, les prises de vues présentent maintes contraintes. « Lors d’un spectacle, je subis les lumières réglées par d’autres. Certains soirs, il n’existe qu’un seul angle possible pour photographier un musicien. Si je me déplace vers la gauche, les projecteurs sur sa figure sont si forts qu’ils « brûlent » tous les détails du visage. Si je me déplace vers la droite, le même visage, comme la silhouette du musicien, dépourvus d’éclairages, reste dans l’obscurité."
Toutes les photos de cette exposition sont en noir et blanc. Robert Canault concède qu’il a une culture, peut-être classique, du noir et blanc. Il renie d’autant moins les influences des maîtres du genre que le noir et blanc lui semble lié au jazz.
Richard Belfer
Le DÉCOR (restaurant, tapas)
41 quai de Bosc, Sète
tel : 04 67 18 82 59