|| CONCERT ||> Interzone Extended > Chai Skalli / Sète > 23 MARS 2013 / 20h30

Publié le par C'est à Sète ©

 

> Interzone Extended
[France – Proche-Orient]

> Serge Teyssot Gay – Khaled Aljaramani - Ibrahim Maalouf – Keyvan Chemirani – Carol Robinson


> Spectacle créé en septembre 2012 à la Fondation Royaumont



 

 

Interzone a pris son envol avec le duo imaginé entre Serge Teyssot Gay et Khaled Aljaramani à
partir des langages du rock et des maqams du Proche-Orient, a rebondi avec Keyvan Chemirani et
Carol Robinson lors des rencontres autour de Maqams et création et Slam et souffle à Royaumont
(2005 et 2006), et rebondit aujourd'hui plus haut encore : Ibrahim Maalouf y apporte un
imaginaire trans-frontières, aux mémoires multiples et aux parti-pris audacieux.


Interzone est apparu en 2005, un simple duo entre Serge Teyssot Gay et Khaled Aljaramani.
Cet essai fut un coup de maître, tout de suite. L'alliage entre deux langages musicaux, l'un issu
du rock et l'autre de l'héritage arabe du Proche-Orient, a été fondu dans une forge musicale de
haute définition, et a produit un métal neuf, brillant, souple et résistant à la fois.

Tous les obstacles étaient pourtant réunis pour que cette recherche n'aboutisse pas.
Deux instruments hétérogènes : la guitare électrique, construite pour le son amplifié, pour les
effets sur sons tenus, les distorsions, le langage tonal, vertical et harmonique; le oud construit
pour le son acoustique, les sons détachés, le langage horizontal et monodique, la science des
micro-intervalles et des échelles non tempérées que les Arabes nomment maqams.1
Deux langages musicaux aux antipodes, relevant de deux cultures naguère sans contact : celle du
rock européen et français (de Led Zeppelin à Noir Désir), celle de la musique arabe classique de
Syrie.

 

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 guitare électrique et direction artistique
Serge Teyssot Gay
oud
Khaled Aljaramani
trompette en ¼ de tons
Ibrahim Maalouf
zarb, daf
Keyvan Chemirani
clarinettes
Carol Robinson

 

 

Au milieu, l'écart.

L'écoute véridique entre Serge Teyssot Gay et Khaled Aljaramani a fait qu'ils se sont trouvés.
Interzone n'a pas été une juxtaposition, mais une rencontre. Entre ces deux cultures, l'écart est
devenu fertile. Comment ? La recette ne sera pas distribuée ici. La folle du logis, comme disait
Malebranche, l'imagination, a oeuvré.
Une fenêtre nouvelle s'ouvrait ainsi pour la musique en général, et pour la musique arabe en
particulier.
Pour permettre à la musique arabe de respirer l'air du large, Ahmed Essyad avait ouvert la voie
dès les années 1970; puis, Anouar Brahem, Rabi Abou Khalil, Zad Moultaka, dans des esthétiques
très différentes, et quelques autres, très rares encore.
A son tour, Interzone fraie une piste musicale nouvelle : un bol d'air pour tous les musiciens, et
plus encore pour ceux du monde arabe.

En 2008, Interzone le 2è jour, élargit le propos. Rencontrés lors des créations du cycle Maqams et
création qui ont eu lieu à Royaumont en 2005, Interzone s'enrichit des collaborations de Noma
Omran (chant), Gaguik Mouradian (kamentché), Taghi Akhbari (chant).

En ce début de l'année 2012, Khaled Aljaramani aborde Interzone Extended avec une
détermination puissante : celle de briser les cadres qui corsètent la musique arabe de Syrie.
Contraint par la situation politqiue actuelle de son pays à développer sa musique en France, grâce
à une résidence opportunément mise en place à Paris par l'Institut Français, Khaled veut
s'affranchir de l'étiquette musicale que doit oberver tout musicien arabe de stricte obédience :
jouer une musique arabe, « classique » et nationale.

Amorcée avec son album Athar2, cette volonté transgressive va sans doute se donner libre cours.
Conséquence inattendue d'un printemps arabe qui peut virer au rouge.
Sur une voie parallèle, celle des rapports entre mot et son dans Slam et souffle (2006), Keyvan
Chemirani et Carol Robinson travaillent à leur tour avec Serge Tessyot Gay. C'est naturellement
qu'ils trouvent ensuite leur place dans Interzone Extended.
Keyvan y apporte ses connaissances de la percussion, en extension indéfinie à partir du noyau
central de la musique persane transmise au sein de la famille par son père Djamchid Chemirani.
Carol Robinson ouvre sur un univers très personnel, où le temps se dilate dans une intériorité
1 voir colloque Maqams et création (2005), www.royaumont.com
2 CD Athar, Jhaled Aljaramani, Institut du monde arabe, 2012
méditative sans fond, qui se construit depuis les années 1980 avec le compositeur Scelsi, jusqu'à
son album Billow (2010)
Quant à Ibrahim Maalouf, son arrivée pousse plus loin la question des micro-intervalles et du
tempérament; et au delà, l'articulation entre les mondes musicaux.

N'allez pas parler théorie des intervalles à Serge Teyssot Gay. Comme le dit Khaled, c'est avec
son corps que Serge a assimilé ces champs musicaux totalement nouveaux pour lui, depuis la
résidence montée par Royaumont à Alep en mai 2005. Ecoute du chant du muezzin d'Alep, du oud
de Khaled ou de Mohamed Qadri Dalal, du kamentché de Gaguik Mouradian, petit à petit "le 1/4
de ton" (qui peut être un 3/4, 1/3, ou plus fin encore) est rentré dans sa mémoire auditive et s'est
placé sur la guitare.
Le fait qu'Ibrahim Maalouf ait consacré une part de sa recherche musicale à ces espaces sonores
raffinés par le Proche-Orient dans les cultures arabe, ottomane et persane, qu'il soit allé jusqu'à
faire fabriquer une trompette spéciale pour pouvoir les jouer autrement que par des effets
approximatifs obtenus par l'embouchure, tout ceci peut emmener les cinq musiciens d'Interzone
très loin...

Ibrahim Maalouf, le musicien de Diasporas et de Diagnostics peut bouleverser la donne, grâce à
un imaginaire d'une flexibilité et d'une fécondité rares, servi par un instrument pensé pour donner
une expression sur mesure de son langage musical personnel.
Entre musique arabe, salsa, pop music, Bach ou jazz, voici un musicien-monde qui ne pense pas
la musique en termes de hiérarchie entre répertoires, mais qui fait son miel avec allégrese des
sons et des gens qu'il incorpore à sa musique au fil des rencontres.
D'Interzone à Diasporas, histoire de migrations.
                                                                                                                                           Frédéric Deval

 


Chai Skalli

Accueil billetterie
Chai Skalli, Quai Paul Riquet, Sète
du mardi au samedi, de 13h à 18h
Tél. 04 67 74 66 97
Informations supplémentaires et réservations  www.scenenationale-sete-bassindethau.com

Informations pratiques
Tarif pour les abonnés : de 7 € à 11 €
Tarif hors abonnement : de 8 € à 13 €
Pass’culture : 5 €

Interzone Extended > Chai Skalli / Sète > 23 MARS 2013 / 20h30

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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