|| ATELIER D'ÉCRITURE - JULIETTE MÉZENC ||
Juliette Mézenc
Atelier d'écriture
Les samedis, 10h30 à 12h
"Aucune pratique personnelle de l’écriture n’est nécessaire pour participer, la curiosité et le désir suffiront".J.M
Ecrire
Les participants en atelier d’écriture sont incités à écrire. Bien. Qu’est-ce qu’écrire ? Nécessité de soumettre le terme à la question (on aimerait tant laisser les mots dans leur flou, celui d’avant la compréhension nette et péremptoire, certifiée par le dictionnaire, classée et répertoriée, le flou et l’ouvert de la première fois… et en même temps cette passion du dictionnaire que je n’utiliserai pourtant pas pour le mot qui nous intéresse ici) avant de commencer. La vision est nette, je sais, je sais ce qu’écrire est, pour moi, je n’ai jamais pu parler qu’en mon nom, mais les mots pour le dire se bousculent, se chassent les uns les autres, et lorsqu’ils arrivent, malaisément, ils me paraissent lourds, patauds, peu aptes à traduire l’expérience.
Ce qu’écrire n’est pas.
Ce n’est pas dévider du texte même « bien » écrit, sans fautes.
Ce n’est pas construire un texte équilibré, bien dosé, avec les ingrédients qu’il faut, là où il faut.
Ce n’est pas se répandre sur la feuille (mais ce peut être un préalable à l’écriture).
Ce n’est pas écrire malin : une historiette qui fait mouche.
Ce n’est pas une partie de rodomontades (t’as vu, j’ai du vocabulaire, et l’imparfait du subjonctif, là, hein).
Ce n’est pas faire de l’esprit.
ce n’est pas expliciter le monde, représenter clairement ce qui est complexe et confus.
Ce n’est pas enjôler le lecteur, chercher à le séduire ou le choquer, c’est du pareil au même. Encore moins chercher à le convaincre. Ce n’est pas se soucier du lecteur même si l’autre est toujours présent dans l’acte d’écrire, les autres : un fourmillement au creux de l’écriture.
Ce n’est pas reproduire.
Bien.
Ecrire c’est.
Partir d’un point sourd.
Désirer un territoire proche mais inconnaissable, dissimulé et qui reste dissimulé. Ce serait comme chercher un enfant qui se serait si bien caché qu’on ne le retrouve plus et l’écriture serait alors la trace de nos pas dans les salles vides de ce que l’on y cherche. Il est pourtant là, l’enfant. On l’invente en le cherchant.
Ecrire, c’est cerner son secret.
S’engager dans cette exploration la tête vide, le corps en alerte.
Prendre le risque de ne rien trouver.
Etre seul sur le parcours, face à soi-même, avec tous les autres dedans (il s’agit de les amener progressivement à se calmer, qu’ils arrêtent d’hurler, de bavarder, leur signifier notre désir de mieux les entendre).
Produire le texte qui ne peut être écrit que par soi-même pour la seule raison qu’il sera écrit à partir de soi-même, de ce point sourd et multiple, seul point d’appui, pourtant fragile, impossible à localiser et identifier, mais plus réel que tout le reste (et cela n’a absolument rien à voir avec la question autobiographique).
Ecrire engage (et cela n’a absolument rien à voir avec une quelconque littérature engagée).
Est-ce compatible avec un atelier d’écriture, avec le collectif de toute l’entreprise. Je le crois. Et nul besoin pour cela d’être écrivain, c’est-à-dire inscrit dans une démarche, un travail sur la durée, un champ social. C’est en tout cas l’enjeu de l’atelier tel que je le conçois. Dès lors, la proposition d’écriture sera, dans le processus, déterminante.
Juliette Mézenc
Ateliers d’écriture menés par Juliette Mézenc, tous les samedis, de 10h30 à 12h30, dans différents lieux à Sète (médiathèques, librairies, musées, ateliers d’artistes etc.)
> Ouvert à tous (à partir de 13 ans) <
> Groupe de 10 à 15 personnes maximum <
> Adhésion annuelle association Mot Maquis : 12 euros <
> Participation à l’atelier : 12 euros (9 euros pour étudiants, chômeurs…) <
> Inscription par mail : juliettemezenc@gmail.com <
Juliette Mézenc
http://www.motmaquis.net/