|| EXPO || > MIAM // Manila Vice > Jusqu'au 22 septembre 2013 >

Publié le par C'est à Sète ©

Manuel Ocampo
Manila Vice

Un regard sur la création contemporaine Philippine


> 13 avril - 22 septembre 2013

> Vernissage, vendredi 12 avril, 18h30

 

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Après Winnipeg, avant Séville et Providence. Manuel Ocampo nous fait découvrir Manille, ses artistes et ses paysages. Manille est une de ces mégapoles inhumaines qui ponctuent notre planète du XXIe siècle, un mélange improbable d'architecture imposante de verre et d'acier et de cabanes favélas, patchwork de tous les matériaux du monde. Manille abrite cet urbanisme sauvage fabriqué à la main avec les moyens du bord et qui est le plus universel des modes d'habitation. Elle est la cité qui se moque de notre imaginaire et de nos fantasmes, plus forte encore que nos rêves ou nos cauchemars les plus inouïs.

Manuel Ocampo est un artiste unique en son genre, comme on en rencontre rarement dans une vie. Son oeuvre « mêle » traditions
religieuses coloniales, peinture figurative naïve et surréaliste, punk hardcore californien et tous les classiques européens de l’expressionnisme à toutes les figurations, son univers va bien au-delà de sa propre stratégie de carrière. Il aurait pu rester en Californie où il avait passé sa jeunesse dans une famille d'immigrés philippins, et travailler pour les plus grandes galeries nord-américaines, mais,
fort de son succès, il préféra rentrer à Manille. Ainsi il s'attacha non seulement à construire une oeuvre forte et complexe qu'il diffuse à travers le monde, mais aussi à inventer et gérer des galeries et des espaces pouvant accueillir la création contemporaine des Philippines.

Une vision commune est née rapidement de notre rencontre. Nous partageons implicitement cette idée que l'artiste est aussi un
activiste, qui ne doit pas vivre seul entouré de ses oeuvres, mais rendre réelles ses intuitions, ses émotions et ses engagements. Le Miam trace des lignes à travers le monde, tricotant les mêmes valeurs, ce même désir d’expérimenter, de vaincre la sclérose.
Cette structure hors du commun créée il y a 13 ans semblait faite pour l’accueillir.
Dans l’exposition Manila Vice, des productions témoins du génie populaire de ces îles au carrefour du nouveau monde, ont été sélectionnées avec passion et dialoguent avec les oeuvres de 23 artistes philippins invités, ces oeuvres sont mises en scène par Manuel Ocampo spécialement pour le MIAM.
Nous sommes particulièrement fiers de montrer pour la toute première fois en France des oeuvres proprement époustouflantes, dont la fulgurance contraste avec l’apparente fragilité des jeunes artistes que j’ai rencontrés, des oeuvres pleines d’un humour noir désespéré, débordant de matières foudroyantes. L'artiste n'est pas un commissaire comme les autres, il nous montre ici ce qu'il aime et défend, mais surtout il nous offre son biotope intellectuel, esthétique, les oeuvres qui l'ont marqué et celles qu'il a initiées!

Le MIAM est le lieu pour ce type d’expériences, pour provoquer des rencontres jamais imaginées ailleurs, pour accueillir des artistes inconnus ici, pour oublier le temps d’une exposition les règles du marché et des Institutions et tenter de combattre la routine qui s’empare régulièrement de l’art contemporain.
Au MIAM, l’artiste est au centre du projet, il peut s’emparer de tous les rôles. Il peut concevoir, organiser, monter des expositions, réussir ou se tromper.
Avec l’intention de fédérer et de travailler en collaboration avec d’autres énergies, le MIAM s’est associé à Numa Hambursin et François Bebing pour qu’une exposition personnelle de Manuel Ocampo soit visible au même moment au Carré Sainte-Anne de Montpellier.
Embarquement immédiat pour Manille et ses images qui vont vous stupéfier ou vous déconcerter et en tout cas qui ne vous laisseront pas indifférentes.
                                                                                                                              Hervé DiRosa, février 2013

 

 

 

 

Argie-Bandoy.Rauwolfiaserpentina.JPGArgie Bandoy.Rauwolfia Serpentina

 

Dexter-Fernandez.-zooooooom.jpgDexter Fernandez. Zooooooom

 

 

Dina-Gadia-.-The-Great-Trendkill-Display_2011.jpgDina Gadia . The Great Trendkill Display_2011

 

 

jayson-Oliveria-Odor-promise-1.JPGDina Gadia . The Great Trendkill Display_2011

 

 

Louie-Cordero-.-society-as-ornamenatl-delusion.jpgLouie Cordero . Society as ornamenatl delusion

 

 

MM-Yu-a-few-of-my-favorite-things-2009.JPGMM Yu.  A few of my favorite things- 2009

 

 

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Pow Martinez. Destroy the pyramids - Oil and acrylic on canvas 84x84 - 2013

 

 

Romeo-Lee-.-Beauty---the-Beastlee-3x2-oil-on-canvas-2008.JPGRomeo Lee . Beauty & the Beastlee 3x2 - Oil on canvas-2008

 

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Romeo Lee . Leeguna Hotspring - Oil on canvas - 57 x 38 - 2012

 

 

Manille est la capitale des Philippines, un pays aux multiples crises identitaires en raison de sa longue histoire coloniale et de sa composition géographique. Divisée en sept mille îles, son éloignement du reste du monde en fait un lieu de villégiature idéal qui permet de vivre des aventures à moindre coût dans un environnement cosmopolite à l’apparence luxueuse. Tout cela favorise une fluidité globale et les échanges qui en découlent créent un concept de post-modernisme dans la capitale.

Manille est ainsi devenue le centre nerveux des activités culturelles des Philippines qui se développe sous le radar de contrôle des normes occidentales. À l’image de la vie ordinaire, les artistes filipinos pratiquent diverses disciplines qui leur permettent de préserver et de faire progresser ce qu’ils revendiquent dans une chaîne économique sur le fil du rasoir. Ainsi, il n’est pas surprenant de voir un artiste assumer de multiples tâches au-delà de ses pures compétences artistiques et devenir un créateur singulier qui établit des alliances avec des marchés officiels et flirte avec des marchés officieux. Ce sont couramment les opérations d’un soir, les opérations éphémères, un trafic à la marge … C’est la vie s’exprimant à la lisière des possibilités créatives de chacun. L’artiste doit donc savoir faire plusieurs choses simultanément, un peintre sera également vidéaste, galeriste, rédacteur, commissaire d’exposition, agent commercial, enseignant, etc .... Ces changements de rôles et cette polyvalence correspondent aussi au manque d’identité unificatrice qui est le drame de tout Philippin, ils sont comme le reflet de la nature fracturée de leur patrie.

Manila Vice rassemble les artistes contemporains qui reflètent la diversité d’une approche artistique forcément subjective en réaction aux changements matériels et culturels en constante évolution qui circulent selon les aspirations du pouvoir en place.
                                                                              Manuel Ocampo, commissaire, Manille, janvier 2013



MODESTO FILIPINO
Next Exit to Manila!

À Manille comme à Mexico, l'Art Modeste est partout. Une démonstration impeccable, in situ et ad libidum. Une tradition jamais démentie, même après le passage mouvementé des Conquistadores. De ces îles paradisiaques que les moines soldats évangélisèrent à tour de crucifix pendant trois siècles, l'archipel demeure encore aujourd'hui l'un des premiers pays catholiques au monde. La capitale fut détruite en 1945 quand la marine japonaise refusa d'évacuer la ville que les alliés reprirent au prix d'intenses combats. Ils firent des dizaines de milliers de morts dans la population civile ...

Aujourd'hui les églises sont installées dans d'immenses centres commerciaux, coincées entre un magasin de téléphones et un Mac Donald! La société filipino vit en flux tendu et la diaspora installée autour du monde rapatrie des capitaux par millions. Manille se développe à vitesse grand V, laissant du coup pas mal de monde sur le carreau.

Les milliers de jeeps abandonnées par les troupes américaines fourbues et pressées de rentrer au bercail ont été rallongées de 8 à 24 places assises. Décorées aux couleurs du quartier en épousant la mode du moment elles servent de transport en commun contre
quelques pesos. Glycéro de chantier, sprays fluo, chromes en tous genres, colifichets catholiques, stickers à paillettes etc ... Les moteurs sur-gonflés pétaradants retrouvent une deuxième jeunesse dans la circulation infernale de la cité. L'artiste Louie Cordéro travaille avec un atelier de Jeepney d'Antipolo et son karaoké customisé a clôturé la dernière biennale de Singapour. Les installations de bougies, de vierges et de saints en pur plastique made in China qui encombrent les étals des marchés du centre ville influencent forcément des artistes comme MM Yu, Poklong, Maria Cruz, Dex Fernandez, Jayson Oliveria ... Et le célèbre Zuma, monstre vert gluant, cousin asiatique de l'Incroyable Hulk, héros des séries Z produites à la chaîne dans les seventies qui a bercé les rêves d’enfants de Louie Cordéro, Pow Martinez, Maria Zoleta, Robert Langenegger ou Dina Gadia, dont on peut encore trouver des copies frelatées dans le quartier sino-muslim de Manille, un quartier entièrement dévolu au piratage et à la contrefaçon. Un coupe-gorge tropical, paradis du cinéphile déviant, déconseillé aux âmes sensibles pendant la journée et interdit au commun des mortels à la nuit tombée. Roméo Lee, légende vivante et premier punk rocker de l'île y passe tous les jours. Il accumule compulsivement sur les trois étages de sa maison du matériel stéréo à moitié périmé, un work in progress effrayant qui finira un jour par le submerger. Il connaît les natives qui se font crucifier par trois les vendredis saints de la Holly Week sur une colline pelée de l'île de Pampanga après avoir reçu une sérieuse avoinée distribuée par d'improbables centurions grimaçant sous un soleil de plomb.
Roméo Lee est le parrain de cette jeune scène arty et s’il vous a à la bonne il vous amènera dans les montagnes de Baguio chez les mâcheurs de Bêtel, ceux qui sculptent à la tronçonneuse et grandeur nature les Warriors pré-hispaniques coupeurs de têtes. Ou
rencontrer Kidlat Tahimik, réalisateur-chaman des Collines des Pins, grand ami de Werner Herzog, qui grâce à l'American Zoetrope de Francis Ford Coppola a réalisé son film "Perfumed Nightmare", pionnier du cinéma indépendant filipino. Kawayan, un de ses fils
qui détourne des juke box sixties a inventé "Disco Bomb", une installation spectaculaire sur les conséquences terminales de la guerre encore très présente dans l'archipel.
C'est dans le quartier le plus déshérité de Manille, que des "taxis", tricycles et sidecars bâchés handmade à moteur de tondeuse à gazon ont encore le droit de circuler. D'une beauté sauvage, ils rappellent les montures délirantes des bikers de Mad Max.

En creusant le sillon tracé il y a maintenant plus de dix ans, le MIAM persiste et signe en favorisant la circulation des regards entre les cultures savantes et les cultures populaires. En présentant des artistes confirmés, émergents ou célèbres sans jugement de valeur, le
musée propose un panorama non exhaustif de la création philippine actuelle. Longtemps isolés et tenus à l'écart des circuits traditionnels de l'art contemporain, ces artistes jetés dans le bain de la mondialisation rattrapent le temps perdu avec une efficacité
redoutable et placent la pratique de la peinture au centre de leurs préoccupations. Pour l’instant, ils restent groupés, se déplacent en bande et en tirent leur force. Personne ne sait comment ils vont évoluer. Il n’empêche, le vent de l’histoire souffle dans leur directionet
ils vont tenter de vivre...
                                                            Pascal Saumade, commissaire associé, Manille janvier 2013

 

 


 

 Musée International des Arts Modestes

23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny
34200 Sète
T : 33 (0)4 99 04 76 44 F : 4 67 18 64 01
M : miam@miam.org miam@ville-sete.fr

♦ Horaires d'ouverture : de 10h à 12h et de 14h à 18h tous les jours sauf lundi.
♦ Tarifs : 5€, 2€ étudiants et enfants + 10 ans, 3€ groupes plus de 10 pers.

 

 




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